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Covid-19 : la première application mobile de traçage de contacts au monde utilisant l'API Google-Apple est lancée,
SwissCovid étant testée à grande échelle en tant que projet pilote

Le , par Stan Adkens

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Jeudi, la première application de recherche de contacts au monde, basée sur la technologie développée conjointement par Google et Apple, a été lancée en Suisse en tant que projet pilote à grande échelle. L'annonce a été faite par l’Office fédéral de la santé publique du pays, a rapporté le quotidien la Tribune de Genève (Tdg). L’application baptisée SwissCovid, qui devra retracer les chaînes de transmission du coronavirus, peut désormais être téléchargée par plusieurs milliers d'utilisateurs désignés comme appartenant aux "populations pilotes", qui comprennent l'armée et certains travailleurs hospitaliers.

Alors que la France attend toujours, l'équipe qui développe l'application suisse de recherche de contacts pour le coronavirus dit qu'elle est la première à avoir lancé un produit intégrant une technologie fournie par Apple et Google, a rapporté BBC News. Le principe de la recherche automatisée des contacts consiste à utiliser des smartphones pour détecter lorsque deux personnes sont proches l'une de l'autre pendant une période suffisamment longue pour qu'il y ait un risque important de contagion, de sorte que l'une puisse être avertie si l'autre est diagnostiquée plus tard comme ayant la maladie.


SwissCovid est conçue sur ce principe et l'inscription est volontaire. Si tout se passe très bien, l'application devrait être disponible en version opérationnelle pour le grand public d'ici la mi-juin, sous réserve du feu vert du Parlement suisse. Selon BBC, les députés suisses doivent d'abord débattre et approuver le système avant qu'il ne soit proposé au grand public. Les défenseurs de la vie privée auraient effectué un sondage d'opinion qui suggère que 70 % des résidents suisses soutiennent l'initiative, d’après BBC.

La version pilote de l'application est également disponible pour les employés des écoles EPF à Lausanne et ETH à Zurich, qui ont dirigé le développement de la technologie. Les deux institutions suisses ont décidé de construire l'application sur la base d'un modèle proposé conjointement par Apple et Google le mois dernier, qui a été présenté par les géants de la technologie comme le meilleur moyen de développer une technologie de recherche de contacts qui intègre la protection de la vie privée.

L'API d'Apple et de Google baptisée « Exposure Notification » suit une approche décentralisée, ce qui signifie que toute opération susceptible de porter atteinte à la vie privée est effectuée sur les téléphones des utilisateurs, plutôt que par le biais d'une base de données centrale et contrôlée par les gouvernements. Ce qui pourrait exposer les données utilisateurs à un risque de piratage ou de désanonymisation.

Lors du lancement du système Googe-Apple la semaine dernière, les sociétés ont déclaré que leur technologie suscitait déjà l’intérêt un certain nombre d’États américains ainsi que 22 autres pays, dont la Suisse, l'Autriche et l'Allemagne. Google et Apple avaient apporté des mises à jour le jour du lancement afin d’activer l'API et permettre aux responsables de la santé et aux développeurs de mettre au point leur propre application de recherche des contacts.

SwissCovid basée sur le protocole DP3T

Les écoles EPFL et ETHZ ont travaillé sur leur propre protocole appelé Decentralized Privacy-Preserving Proximity Tracing (DP3T). Selon l'équipe des deux universités, les chercheurs sont en pourparlers avec Apple et Google pour assurer la compatibilité entre leur API et le DP3T. Cela signifie que l'application suisse basée sur le DP3T pourra passer au protocole d'Apple et de Google dès qu'elle sera largement disponible, et s'intégrer facilement aux appareils iOS et Android.

Dans un communiqué, Marcel Salathé, un professeur associé de l'EPFL qui a travaillé sur le DP3T, a déclaré : « Nous travaillons sur le DP3T depuis le début de la crise, et nous l'avons basé sur un modèle décentralisé en grande partie à cause des préoccupations liées à la vie privée. Une semaine environ après que nous ayons rendu public notre projet, Google et Apple ont annoncé leur API, et ont déclaré publiquement qu'elle s'inspirait fortement de notre protocole », a-t-il déclaré.

« Pour nous, c'était donc une évidence. La plupart des choses que nous avions proposées avec DP3T étaient dans l'API d'Apple et de Google, et seraient dans iOS et Android. Depuis lors, nous avons continué à travailler avec eux pour nous assurer qu'ils comprennent d'où nous venons ».

Les équipes de chercheurs des deux universités suisses ont testé et peaufiné DP3T au cours du mois dernier, avec l'aide de l'armée suisse. Le protocole fonctionne via Bluetooth, diffusant en continu des chaînes de caractères aléatoires et impossibles à deviner entre les smartphones. Selon les résultats des tests, l'application découvre quels contacts comportaient un risque - ceux qui ont été à moins de deux mètres d'un autre utilisateur pendant plus de 15 minutes - et génère une notification indiquant le jour d'exposition au risque et la procédure à suivre.

L’approche décentralisée à la base du protocole DP3T et de l’API Google-Apple pourrait comporter des défauts, selon un rapport d’experts

Dans un rapport, des experts ont souligné que le principe de décentralisation qui est au cœur de DP3T et de l'API Google-Apple n'est pas sans défauts. Selon eux, sans une organisation centrale supervisant les alertes et s'assurant que seuls les utilisateurs à risque sont avertis, l'application risque d'être submergée de faux positifs et de se transformer en chaos complet, d’après les experts.


Une approche centralisée, en outre, permettrait aux services de santé d'analyser les données afin de mieux comprendre comment la maladie se propage. Pour ces raisons, le NHS britannique et l’équipe française en charge du développement de l’application locale ont décidé d’éviter l'API Google-Apple, et de travailler sur leur propre protocole centralisé.

Afin d'utiliser leur API, les deux géants américains de la technologie ont interdit aux participants de recueillir les données de localisation des utilisateurs, entre autres restrictions. Cela signifie que les applications qui poursuivent un modèle "centralisé" concurrent continueront à faire face à des circonstances où les iPhone ne parviennent pas à effectuer les "poignées de main" requises basées sur Bluetooth.

« L'utilisation des technologies numériques doit être conçue de manière à ce que nous, en tant que gouvernements démocratiquement élus, l'évaluions et la jugions acceptable pour nos citoyens et conforme à nos valeurs européennes », ont écrit les ministres des Affaires numériques des gouvernements allemand, français, italien, espagnol et portugais dans une lettre commune publiée dans la presse au début de cette semaine. « Nous pensons que la remise en cause de ce droit par l'imposition de normes techniques représente un faux pas et une occasion manquée de collaboration ouverte entre les gouvernements et le secteur privé », ont-ils ajouté.

Toutefois, certains pays comme l’Allemagne ont décidé d’adopter l’option décentralisée prônée par Google et Apple, et le NHS britannique, qui rencontre des difficultés dans la mise en œuvre de son système centralisé, ne pourra pas publier son outil de traçage covid-19 avant juin, d’après le gouvernement.

« J'ai une certaine sympathie pour l'idée que vous pouvez améliorer votre connaissance de l'épidémie avec plus de données », a déclaré M. Salathé. « C'est exact, mais je ne pense pas que nous devrions développer une technologie potentiellement très intrusive sur la base d'un argument épidémiologique. N'utilisons pas cet outil pour en savoir plus sur un virus, mais utilisons-le pour soutenir la recherche régulière de contacts ».

Selon les chercheurs à l’origine de SwissCovid, le moyen d'obtenir la confiance est de minimiser la collecte d'informations. Carmela Troncoso, qui a également travaillé sur le protocole DP3T à l'EPFL, a déclaré : « Notre objectif est de proposer une solution qui puisse être adoptée en Europe et dans le monde entier. Il y a des millions d'utilisateurs et nous leur devons d'être transparents ».

L’avantage qu’il y a toutefois à opter pour la création d'une technologie utilisant l’API Google-Apple est bien évident : c’est la compatibilité immédiate avec iOS et Android. M. Salathé a déclaré : « Je suppose que d'autres pays comme le Royaume-Uni finiront par adopter la voie décentralisée, car la compatibilité est essentielle. Vous voulez avoir un outil qui fonctionne sur les téléphones des utilisateurs, et Google et Apple contrôlent 99,5% des systèmes d'exploitation. Je suis un peu perplexe qu'il y ait encore un débat ».

Selon BBC, l'équipe de la Suisse a salué la participation des deux entreprises au développement d’une technologie. « Le Bluetooth n'a pas été développé pour ce genre de mesure de distance à grande échelle », a déclaré le professeur Srdjan Capkun de l'institut ETHZ. « S'assurer que nous pouvons l'utiliser de cette manière nécessite beaucoup de compétences techniques et de collaboration, y compris une collaboration avec Apple et Google ».

Une porte-parole a déclaré à la BBC qu'Apple avait déjà approuvé l'apparition du logiciel sur son App Store, mais que les développeurs attendaient toujours l'autorisation de le lister sur le marché Google Play, a rapporté BBC mardi dernier.

Sources : TdG.ch, BBC News

Et vous ?

Quel commentaire faites-vous du lancement de la première application basée sur l’API Google-Apple ?
Que pensez-vous du protocole DP3T des développeurs suisses ?
Que pensez-vous des pays comme le Royaume-Uni et la Norvège qui considère l’API Google-Apple comme un second plan, à condition qu’elle fonctionne correctement ?

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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 05/09/2020 à 18:22
Covid-19 : une énorme faille découverte dans l’API de contact tracing conçue par Apple et Google
qui permettrait de suivre une personne à la trace

Deux universitaires, Serge Vaudenay et Martin Vuagnoux, de l’école polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), en Suisse, viennent de tirer la sonnette d’alarme sur l’existence d’une importante faille de sécurité dans l’API de contact tracing proposée conjointement par les géants Google et Apple. En raison d’un manque de synchronisation dans le renouvellement des codes envoyés par Bluetooth, la faille de sécurité permet de suivre une personne à la trace. Ce comportement de l’API va à l’encontre de l’objectif initial des deux entreprises.

La pandémie du Covid-19 a (malheureusement) forcé l’utilisation de systèmes de traçage de proximité. Google et Apple ont proposé une API de contact tracing en avril en vue de faciliter le déploiement d’applications de suivi des contacts sur leur plateforme respective. Plusieurs applications de différents pays se sont basées sur cette API, notamment celle de la Suisse, de l’Australie, du Canada, de la Belgique... D’autres pays, comme la France, avec StopCovid, ont toutefois préféré se baser sur leur propre système de suivi, avec une gestion centralisée des données des utilisateurs.

La faille de sécurité dont il s’agit concerne le système de notification de l’API appelé “Exposure Notifications” (notification des expositions - ENS) qui facilite la recherche numérique des contacts. Il complète en effet les techniques traditionnelles de recherche des contacts en enregistrant automatiquement les rencontres avec d'autres utilisateurs de l'ENS à l'aide de leur smartphone Android ou iOS. C’est un protocole décentralisé basé sur le signalement et qui utilise le Bluetooth à faible consommation d'énergie et la cryptographie pour préserver la vie privée.


Il est utilisé comme fonction opt-in dans les applications Covid-19 développées et publiées par les autorités sanitaires autorisées. D’après les chercheurs, la vulnérabilité dont il est actuellement victime ne devrait pas exister, car les trames diffusées par les smartphones au travers du système se basent sur des pseudonymes et des adresses MAC Bluetooth générés de façon aléatoire et changés toutes les 15 minutes. Cependant, Vaudenay et Vuagnoux ont remarqué que ce renouvellement ne se fait pas toujours de façon synchrone, ce qui cause un problème sérieux.

Plus précisément, il y a des moments où l’adresse MAC est modifiée avant le pseudonyme, ou inversement. Cet événement donne lieu à ce que les universitaires appellent des trames intermédiaires, qui contiennent à la fois une ancienne valeur et une nouvelle. Ensuite, en les collectant, cela permet de ne jamais perdre le fil dans le renouvellement des identifiants. Selon leur rapport, qui a étudié le fonctionnement de l’application suisse de contact tracing, SwissCovid, ce décalage a l’air banal, mais il permet de suivre les utilisateurs de l’application à la trace.

Les chercheurs ont ajouté à leur rapport une vidéo de démonstration dans laquelle ils expliquent avoir testé 8 smartphones avec SwissCovid installée. Ils ont remarqué que 5 des 8 smartphones étaient vulnérables. En outre, ils ont également déclaré avoir pu exploiter la faille sur d’autres applications utilisant cette même technologie, telle que Corona-Warn de l’Allemagne, StoppCorona déployée en Autriche ou Immuni en Italie. Leur conclusion a été qu’il est fort probable que toutes les applications basées sur Exposure Notification soient sujettes à cette vulnérabilité.

Notons que la France, avec StopCovid, et les autres pays ayant choisi de concevoir leur propre système de notification d’expositions sont à l’abri de cette vulnérabilité. Apple et Google vont devoir rapidement fournir un patch pour corriger la faille avant qu’elle ne soit exploitée par des acteurs malveillants. L’API n’étant pas entièrement open source, une tierce partie n’est pas en mesure de proposer une solution.

Source : Rapport de l’étude

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 21/07/2020 à 16:31
Covid-19 : Google contraint les utilisateurs Android à activer les paramètres de localisation de leur appareil,
pour pouvoir utiliser la solution de contact tracing développée avec Apple

Google a promis la confidentialité avec les applications de contact tracing développées en s'appuyant sur l'API qu'il a proposé conjointement avec Apple, mais l'entreprise peut toujours collecter des données de localisation. Certaines agences gouvernementales qui utilisent le logiciel ont déclaré être surprises que Google puisse localiser certains utilisateurs de l'application. D'autres ont déclaré avoir tenté en vain de contraindre Google à apporter un changement.

Lorsque Google et Apple ont annoncé en avril des projets de développement logiciel d'un outil commun de traçage du COVID-19 pour iOS et Android (traduit dans un premier temps par une API, puis par un outil intégré nativement aux deux systèmes), les entreprises l'ont promu comme « préservant la confidentialité » et ont déclaré qu'il ne suivrait pas l'emplacement des utilisateurs. Selon les deux entités, le système ne géolocalise pas les utilisateurs, mais envoie un identifiant Bluetooth aux appareils à proximité. En outre, l’identifiant change toutes les 15 minutes et n’est aucunement lié à l’identité de l’utilisateur. Ces identifiants passeront par un simple serveur relais qui peut être géré par des organismes de santé du monde entier. Ces serveurs n’ont pas la capacité de suivre les utilisateurs, ont assuré Google et Apple.

Plusieurs pays ont demandé à Google de changer de façon de procéder

Encouragés par ces garanties, l'Allemagne, la Suisse et d'autres pays se sont appuyées sur ce code pour développer des applications nationales de contact tracing qui ont été téléchargées plus de 20 millions de fois. Mais pour que les applications fonctionnent sur les smartphones dotés du système d'exploitation Android de Google, les utilisateurs doivent d'abord activer le paramètre de localisation de l'appareil, qui active le GPS et peut permettre à Google de déterminer leur emplacement. Certains responsables gouvernementaux ont semblé surpris que l'entreprise puisse détecter les emplacements des utilisateurs d'Android. Après en avoir pris connaissance, Cecilie Lumbye Thorup, porte-parole du ministère de la Santé du Danemark, a déclaré que son agence avait l'intention de « lancer un dialogue avec Google sur la manière dont ils utilisent généralement les données de localisation ».

La Suisse a déclaré qu'elle avait essayé de pousser Google pendant des semaines à modifier l'exigence de réglage de l'emplacement. « Les utilisateurs devraient pouvoir utiliser ces applications de traçage de proximité sans aucune liaison avec d’autres services », a déclaré le Dr Sang-Il Kim, chef du département de la transformation numérique à l’Office fédéral de la santé publique de Suisse, qui supervise l’application de contact tracing du pays.

La Lettonie a déclaré qu'elle avait mis la pression à Google sur la question alors qu'elle développait son application de contact tracing. « Nous n’apprécions pas que le GPS soit activé », a déclaré Elina Dimina, chef de l’unité de surveillance des maladies infectieuses au Centre de prévention et de contrôle des maladies de Lettonie.


La réaction de Google

Les exigences de localisation de Google s'ajoutent aux nombreux problèmes de confidentialité et de sécurité liés aux applications de contact tracing, dont beaucoup ont été développées par les gouvernements avant que le nouveau logiciel Apple-Google ne soit disponible. Les responsables gouvernementaux et les épidémiologistes affirment que les applications peuvent être un complément utile aux efforts de santé publique pour endiguer la pandémie. Mais les groupes de défense des droits de l'homme et les technologues ont averti que la collecte de données agressive et les failles de sécurité dans de nombreuses applications exposent des centaines de millions de personnes au harcèlement, aux escroqueries, au vol d'identité ou au suivi oppressif du gouvernement.

Désormais, le problème de la localisation d'Android pourrait saper les promesses de confidentialité que les gouvernements ont faites au public.

Pete Voss, un porte-parole de Google, a déclaré que les applications de contact tracing qui utilisent le logiciel de l'entreprise n'utilisent pas la localisation de l'appareil. Cela concerne également les personnes dont le test de dépistage du virus est positif et qui utilisent une application pour avertir les autres utilisateurs. Les applications se servent des signaux de balayage Bluetooth pour détecter les smartphones qui entrent en contact étroit les uns avec les autres, sans avoir besoin de connaître l'emplacement des appareils. Depuis 2015, le système Android de Google oblige les utilisateurs à activer la localisation sur leurs téléphones pour rechercher d'autres appareils Bluetooth, a déclaré Voss, car certaines applications peuvent utiliser le Bluetooth pour déduire l'emplacement de l'utilisateur. Par exemple, certaines applications utilisent des balises Bluetooth dans les magasins pour aider les spécialistes du marketing à comprendre dans quelle allée un utilisateur de smartphone peut se trouver.

Cependant, une fois que les utilisateurs d'Android ont activé la localisation, Google peut déterminer leurs emplacements précis, à l'aide du Wi-Fi, des réseaux mobiles et des balises Bluetooth, via un paramètre appelé Google Location Accuracy, et utiliser les données pour améliorer les services de localisation. Voss a déclaré que les applications qui n'avaient pas l'autorisation de l'utilisateur ne pouvaient pas accéder à l'emplacement de l'appareil Android d'une personne.

Pour sa part, Apple n'oblige pas les utilisateurs iPhone des applications de contact tracing à activer la localisation.


Un déséquilibre de pouvoir

L'exigence de localisation Android souligne un déséquilibre de pouvoir inquiétant entre les gouvernements et les deux grandes enseignes de technologie qui dominent le marché mobile, ont déclaré certains experts en sécurité et en confidentialité. Les pays utilisant le logiciel, ont-ils dit, ont peu de recours contre les nouvelles normes mondiales que les entreprises établissent pour la technologie de la santé publique.

Google et Apple, par exemple, empêchent les applications de contact tracing des gouvernement utilisant leur technologie de suivre les emplacements des utilisateurs. Mais Google peut déterminer et utiliser les emplacements des appareils des utilisateurs Android des applications, en fonction de leurs paramètres.

« Nous donnons trop de contrôle à deux grandes entreprises », a déclaré Alexandra Dmitrienko, professeur de systèmes logiciels sécurisés à l'Université de Würzburg en Allemagne. « Ils le monopolisent. »

La technologie de détection de proximité Bluetooth des entreprises est issue d’idées développées par Singapour et des universitaires. Elle offre aux agences de santé publique une alternative aux modèles plus invasifs qui impliquent le suivi des emplacements précis des utilisateurs et l'envoi de données privées telles que leurs noms à des serveurs gouvernementaux centralisés. Le logiciel Apple-Google utilise des codes d'identification rotatifs pour enregistrer les contacts étroits entre les utilisateurs de l'application « pour aider à empêcher le suivi », assurent les entreprises. Il traite également les données des personnes sur leurs téléphones - là où les gouvernements ne peuvent pas y accéder.


« C’est ce que nous appelons "la protection de la vie privée dès la conception" », a déclaré le Dr Kim, responsable suisse de la santé. « Cela signifie qu'aucunes données personnelles, c'est-à-dire qu'aucun nom, aucun numéro de téléphone, même aucune identification technique du matériel à partir d'e-mails ou de smartphones ne sont collectées par les applications ».

La conception axée sur la confidentialité a rendu la technologie des entreprises attrayante pour les dirigeants gouvernementaux. « Cette application mérite votre confiance. Elle protège votre vie privée », a déclaré Angela Merkel, la chancelière allemande, dans un récent discours vidéo sur l'application Corona-Warn de son gouvernement, basée sur le modèle Apple-Google. « Aucune géodonnée n'est collectée», a déclaré Merkel.

Mais les experts en confidentialité et en sécurité ont déclaré qu'ils étaient préoccupés par le fait que les pratiques de localisation de Google pourraient dissuader certaines personnes d'utiliser les applications des agences de santé publique pendant la pandémie. « Le but de la conception de la notification d'exposition Apple-Google est de protéger la confidentialité et d'atténuer les obstacles à l'adoption », a rappelé Jonathan Mayer, professeur adjoint d'informatique et d'affaires publiques à Princeton. Certains utilisateurs d'Android en Europe disent se sentir induits en erreur par leurs gouvernements. Les instructions sur de nombreuses applications poussent les utilisateurs d'Android à activer la localisation, par exemple, mais ne font aucune mention du fait que les utilisateurs peuvent empêcher Google de déterminer leurs emplacements précis en désactivant la fonction de précision dans le paramètre de localisation.

« Avec cette application, vous êtes invité par le gouvernement, faisant fortement appel à votre sens des responsabilités et de votre moralité, à céder votre emplacement en direct à des entités qui en tirent un profit, afin de protéger la santé publique », a déclaré Massimo Zannoni, ingénieur électronique à Zurich. Les responsables de la santé au Danemark, en Allemagne, en Lettonie et en Suisse ont déclaré que leurs gouvernements avaient délibérément conçu leurs applications nationales d'alerte aux virus pour une confidentialité maximale.

« Aucun gouvernement, aucune agence de sécurité n'a la moindre chance d'utiliser la technologie à mauvais escient », a déclaré Gottfried Ludewig, directeur général de la numérisation et de l'innovation au ministère allemand de la Santé, à propos de l'application Corona-Warn, qui a été téléchargée plus de 15,5 millions de fois. Il a déclaré que plus de 500 personnes testées positives pour le virus avaient utilisé l'application pour informer les autres utilisateurs d'une éventuelle exposition au virus. Il a ajouté que si Google utilisait les données de localisation à d'autres fins que l'activation des services Bluetooth dans l'application, il lui faudrait des motifs juridiques pour le faire en vertu de la loi européenne sur la protection des données.

D'autres personnes impliquées dans l'application allemande ont déclaré que c'était le problème de Google, pas le leur. « Vous devez interroger Google sur les spécifications de son système d'exploitation », a déclaré Marcus Winkler, un porte-parole de SAP, qui a contribué au développement de l'application allemande. « Si vous activez le suivi de localisation, vous recevez un message du système d'exploitation - cela n'a rien à voir avec l'application ».

Le professeur Dmitrienko, experte en sécurité logicielle, a déclaré que la solution était que les gouvernements poussent Google à cesser d'exiger des utilisateurs Android des applications de contact tracing d'activer la localisation. « Ils ont une puissance suffisante et ils pourraient même faire pression sur des géants tels que Google et Apple pour qu'ils agissent à ce sujet », a-t-elle déclaré.

Sources : Princeton, FAQ CornaWarn, FAQ logiciel Apple-Google, Alexandra Dmitrienko, Sénateur Richard Bluemental, Apple, Angela Merkel

Et vous ?

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Partagez-vous la crainte selon laquelle les pratiques de localisation de Google pourraient dissuader certaines personnes d'utiliser les applications de contact tracing qui s'appuient sur sa solution ? Dans quelle mesure ?
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Avatar de ijk-ref
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 06/09/2020 à 22:09
Citation Envoyé par epsilon68 Voir le message
et voila comme d'hab, a se demander si ce n'etait pas fait expres tout de meme non ?
Les omniscients et omnipotents Dieux Google et Apple ne font PAS - JAMAIS - d'erreurs. Tout est prémédité, ils ont un plan - Amen

Si tu connais un peu l'histoire de l'informatique, aucun humain a crée de système (réseau) infaillibles. Pour croire que Google et Apple y échappent c'est leur prêter des pouvoirs inhumains.
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Avatar de Pyramidev
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 29/05/2020 à 20:58
Quelle sera l'efficacité des applications Covid-19 ? Sur ce point, les auteurs de CommitStrip sont pessimistes :

http://www.commitstrip.com/fr/2020/05/29/covid-go/
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Avatar de Steinvikel
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 05/09/2020 à 19:50
L’API n’étant pas entièrement open source, une tierce partie n’est pas en mesure de proposer une solution.
...d'où l'importance, autre que politique, d'adopter des solutions sous licences "libres" à copyleft fort.
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Avatar de Pedro Varela
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 07/06/2020 à 16:44
En 2017 j'ai développé une tecnologie que permet de detecter les personnes proches une des autres et de faire le traçage.
Vous pouvez lir mon travail sur ce sujet ici: https://ieeexplore.ieee.org/author/37085889969
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 22/07/2020 à 11:00
Croire Google et les autres Gafam, c'est un peu comme "le grand méchant loup qui dit être végétarien pour entrer dans la bergerie remplie de moutons bien gras"!
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Avatar de epsilon68
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 05/09/2020 à 22:13
et voila comme d'hab, a se demander si ce n'etait pas fait expres tout de meme non ?
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Avatar de Aiekick
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 07/09/2020 à 16:34
c'est pas une faille mais une feature. arretons de nous prendre pour des débiles svp..
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