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Huawei se prépare à une baisse de 40 % à 60 % des ventes internationales de smartphones,
Malgré le lancement de Honor 20, selon un rapport

Le , par Stan Adkens

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Un mois après avoir été mis sur la liste noire commerciale américaine, les activités internationales du géant chinois des technologies de l'information et de la communication, Huawei, continue à s’ajuster en fonction de l’interdiction des Etats-Unis. Selon un rapport de Bloomberg publié le dimanche, l’entreprise se préparerait à une baisse de 40 % à 60 % des livraisons internationales de smartphones. Selon des personnes qui connaissent bien la question que Bloomberg a citées dans son rapport, les responsables marketing et commerciaux de Huawei Technologies Co Ltd s'attendent en interne à une baisse des volumes de l'ordre de 40 à 60 millions de smartphones cette année. Toutefois, les fabricants de puces américains, dont Huawei était l’un des plus gros clients, seraient en train de faire discrètement pression pour assouplir l'interdiction de Huawei.

L'entreprise chinoise serait même en train d’examiner des options qui incluent la vente de son tout dernier modèle de smartphone, Honor 20. Selon le rapport, l'appareil commencera à être commercialisé dans certaines parties de l'Europe, y compris en Grande-Bretagne et en France, le 21 juin, selon le rapport. Les dirigeants surveilleront le lancement et pourraient interrompre les livraisons si les ventes sont médiocres, selon Bloomberg.


Huawei est un fabricant de téléphones qui compte en termes de ses ventes internationales. En 2018, la société chinoise a vendu 206 millions de téléphones, et cette prévision de baisse représente près de la moitié de cette vente. Aussi, le nouveau modèle Honor 20 que Huawei est en train de planifier la vente dans une partie de l’Europe, fonctionne sur le logiciel Android 9 le plus avancé et est alimenté par la puce Kirin de l'entreprise elle-même. Mais bien qu’elle n’a pas besoin des processeurs Qualcomm, l'interdiction américaine entravera la capacité des consommateurs à mettre le système d’exploitation à jour ou à télécharger les dernières applications de Google. Ce qui contribue à l’incertitude dans des ventes de Honor 20 en particulier et de l’ensemble des smartphones de Huawei en général.

Selon Tom Kang, analyste de Counterpoint, dans un rapport publié à la suite de l'interdiction : « Huawei perdra l'accès à Play Store et aux principales applications Google comme YouTube et Gmail. Les utilisateurs devront s’écarter ou chercher d'autres App Stores ». « L'impact sur les marchés émergents sera variable. Cependant, l'Europe, le Japon et l'Amérique latine seront durement touchés », a-t-il ajouté. Selon Bloomberg, pour atténuer l’impact du déclin à l'étranger, Huawei vise à conquérir jusqu'à la moitié du marché chinois des smartphones en 2019.

Les difficultés de la plus grande entreprise d'équipement de télécommunications du monde se sont accentuées en mai dernier lorsque le gouvernement américain l’a inscrite sur une liste noire commerciale qui interdit aux fournisseurs américains de faire affaire avec elle en raison de ce que Washington appelle des préoccupations en matière de sécurité nationale. L'interdiction est survenue peu après l'échec des pourparlers visant à mettre fin à une querelle commerciale qui a duré des mois entre la Chine et les États-Unis.

Le fondateur et directeur général de Huawei, Ren Zhengfei, avait réagi aux restrictions en déclarant que l’interdiction « pourrait ralentir, mais seulement légèrement » la croissance de l'entreprise. Un peu plus tôt cette année, l’entreprise s’était lancée dans une campagne pour se faire une meilleure image lorsque les Etats-Unis ont demandé à leurs alliés de boycotter ses équipements télécoms. M. Zhengfei avait dit à l’époque lors d’une interview accordée à BBC à la suite de l'arrestation de Meng Wanzhou, directeur financier de Huawei et sa fille :

« Il n'y a aucun moyen pour que les Etats-Unis puissent nous écraser ». « Le monde ne peut pas nous quitter parce que nous sommes plus avancés. Même s'ils persuadent d'autres pays de ne pas nous utiliser temporairement, on peut toujours réduire un peu les choses. », a-t-il ajouté.

Toutefois, une interdiction américaine similaire à l'encontre de ZTE Corp, une autre entreprise chinoise, a presque paralysé les activités la société en début de l'année dernière, avant qu’elle ne soit levée. Mais, selon le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, le président Trump pourrait peut-être relâcher un peu dans l’interdiction contre Huawei si les négociations commerciales avancent. Par ailleurs, les fabricants américains de puces seraient en train de faire discrètement pression pour assouplir l'interdiction du Huawei, selon Reuters.

Les fabricants de puces américains font discrètement pression pour assouplir l'interdiction du Huawei

Selon Reuters, les responsables des fournisseurs américains de puces de Huawei, Intel et Xilinx Inc, ont assisté à une réunion à la fin de mai avec le ministère du Commerce pour discuter d'une réponse au placement de Huawei sur la liste noire. Selon quatre sources d’information de Reuters, Qualcomm aurait également fait pression sur le Département du Commerce à ce sujet.


Selon ces fabricants de puces, les unités de l’entreprise chinoise qui vendent des produits tels que les smartphones et les serveurs informatiques utilisent des pièces couramment disponibles et il est peu probable qu'elles présentent les mêmes problèmes de sécurité que l'équipement réseau 5G de la société technologique Huawei. Pour rappel, l’ajout de Huawei sur la liste noire américaine interdit aux fournisseurs américains de faire affaire avec Huawei à cause des questions de sécurité nationale. « Il ne s'agit pas d'aider Huawei. Il s'agit de prévenir les préjudices aux entreprises américaines », a déclaré l'une des sources d’information de Reuters.

Qualcomm souhaite pouvoir continuer à vendre ses puces à Huawei pour des appareils courants comme les téléphones et les montres intelligentes, a déclaré une personne familière avec la situation de l'entreprise. En effet, les fabricants américains de puces sont parmi les principaux fournisseurs de Huawei. Selon Reuters, sur les 70 milliards de dollars dépensés par Huawei pour l'achat de composants en 2018, 11 milliards de dollars sont allés à des entreprises américaines comme Qualcomm, Intel et Micron Technology Inc.

Selon Reuters, la Semiconductor Industry Association (SIA), une association professionnelle et un groupe de lobbying, a reconnu avoir organisé des consultations avec le gouvernement américain au nom de ces entreprises pour les aider à se conformer à l'interdiction et informer les fonctionnaires de l'impact de celle-ci sur ces dernières. Goodrich, vice-président de la politique mondiale de la SIA a déclaré : « Pour les technologies qui ne sont pas liées à la sécurité nationale, il semble qu'elles ne devraient pas entrer dans le champ d'application de l'ordonnance. Et nous avons transmis cette perspective au gouvernement ».

Mais, Andrew Williamson, vice-président des affaires publiques de Huawei, dans une interview accordée au Mexique, a déclaré que l'entreprise n'avait demandé à personne de faire du lobbying en son nom. « Ils le font par leur propre volonté parce que, pour beaucoup d'entre eux, Huawei est l'un de leurs principaux clients », a-t-il dit, avant d’ajouter que les fabricants de puces savaient que le fait de couper Huawei pourrait avoir des conséquences « catastrophiques » pour eux.

En dehors des fabricants de puces, d’autres entreprises ont plaidé pour pouvoir continuer leurs activités commerciales avec Huawei, dont Google. Reuters a rapporté que le géant de la Silicon Valley a également plaidé pour qu'il puisse continuer à vendre son matériel, ses logiciels et ses services techniques à l’entreprise chinoise qui est actuellement sous le coup de l’interdiction américaine, a déclaré le président de Huawei, Liang Hua, aux journalistes en Chine plus tôt ce mois-ci.

Huawei lui-même a fait très peu de lobbying traditionnel à Washington sur la question. Selon les sources d’information de Reuters, depuis un mois que l’entreprise a été mise sur la liste noire, Huawei n'a pas encre échangé avec le gouvernement des États-Unis à ce sujet. Mais l’entreprise a envisagé d'envoyer une lettre au ministère du Commerce, selon les sources d’information. « Nous n'avons tout simplement aucun moyen de communication », a déclaré M. Liang aux journalistes plus tôt ce mois-ci. Selon des analystes, cette réponse du président de Huawei marque la reconnaissance de la baisse de l’influence de Huawei auprès de l'administration Trump, qui a lancé une campagne mondiale contre l'entreprise.

« Huawei ne sait pas ce qu'il doit faire par la suite », a déclaré Jim Lewis, un cyberexpert du Center for Strategic and International Studies de Washington. « Il est dans une très mauvaise position aux États-Unis. Personne ne cherche à faire une faveur à Huawei », a-t-il ajouté.

Malgré cela, l'interdiction a eu également de réelles répercussions du côté des entreprises américaines. Au-delà de celles qui plaident auprès du ministère américain du Commerce pour continuer à vendre leurs produits à Huawei, certaines mesurent l’ampleur à venir de cette décision américaine. Broadcom, qui développe des semi-conducteurs utilisés dans divers équipements de télécommunications, a prévu que les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine et l'interdiction du Huawei feraient chuter ses ventes de 2 milliards dollars cette année.

Pour l’heure, Huawei pourrait continuer à acheter des produits américains à cause d’une licence générale temporaire que le Département du Commerce a promis le 20 mai dernier, quelques jours seulement après la mise en place de l'interdiction. Cette décision est intervenue afin d'aider les clients existants de Huawei à maintenir la fiabilité des réseaux et des équipements.

Selon Bloomberg, la part de marché des smartphones de Huawei en Chine pourrait atteindre 45 % contre une estimation précédente qui se situait entre 30 % et 35 %, grâce à « une stratégie de vente plus proactive » mise en œuvre après l'interdiction de Trump, a écrit Ming-Chi Kuo, analyste de TF International dans un rapport mercredi.

Source : Bloomberg, Reuters

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Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 02/12/2019 à 5:41
Huawei, qui était dépendant des constructeurs US, a présenté un smartphone sans puces américaines
dans un contexte où les entreprises US voudraient reprendre les affaires avec lui

Mi-mai, l'administration Trump a publié un décret qui plaçait Huawei sur une liste noire, une décision qui contraignait les entreprises américaines à ne plus faire affaire avec l'équipementier chinois, à moins de disposer d'une autorisation officielle. Suite à cette décision, Google a décidé de ne plus fournir de logiciels, de matériel informatique ou service technique à Huawei à l’exception des services disponibles en open source. L'éditeur d'Android a toutefois assuré que Google Play et les protections de sécurité de Google Play Protect continueront de fonctionner sur les appareils Huawei existants.

En plus d’être coupé du système d’exploitation le plus vendu au monde, Huawei a vu certains des principaux concepteurs et fournisseurs de puces au monde suspendre également leurs relations commerciales jusqu’à nouvel ordre.

S'étant sans doute vite rendu compte de la sévérité du décret de Trump et de ses conséquences sur les USA eux-mêmes, Washington a réduit les restrictions commerciales imposées à Huawei. L’administration Trump a publié un nouvel arrêté qui prolonge de 90 jours (désormais jusqu’en février 2020) « la période de grâce » durant laquelle elle autorise les entreprises américaines à faire des affaires avec l’entreprise chinoise Huawei Technologies. Il a également été rapporté que le département américain du Commerce examinait en parallèle la possibilité d’octroyer des licences individuelles aux entreprises locales qui souhaitent continuer à faire des affaires avec des entités « à risque » comme Huawei qui figurent sur la liste noire du gouvernement US pour des raisons de sécurité nationale. Des sociétés comme Google, Intel ou Microsoft sont particulièrement intéressées par la seconde option qui leur procurerait, à eux ainsi qu’à leurs partenaires (Huawei en l’occurrence) une certaine stabilité et de meilleures garanties pour la poursuite de leurs transactions commerciales.

Les entreprises de technologie américaines ont donc obtenu le feu vert de Washington pour reprendre leurs affaires avec le constructeur de smartphones Huawei Technologies Co., mais il est peut-être trop tard : l'entreprise construit actuellement des smartphones sans puce américaine.


Le dernier téléphone de Huawei, qu'il a dévoilé en septembre (le Mate 30 avec un écran incurvé et des caméras grand angle qui rivalise avec l'iPhone 11 d'Apple Inc.) ne contenait aucune pièce américaine, selon une analyse effectuée par UBS et Fomalhaut Techno Solutions, un Laboratoire technologique japonais qui a démonté l'appareil pour en inspecter l'intérieur.

Le décret de Trump en mai a empêché des sociétés comme Qualcomm Inc. et Intel Corp. de vendre des puces à Huawei, bien que certaines ventes de pièces aient repris au cours de l’été, après que les sociétés ont déterminé qu’elles n’étaient pas concernées par cette interdiction. Pendant ce temps, Huawei a beaucoup progressé dans la réduction de sa dépendance vis-à-vis de sociétés américaines.

Huawei a longtemps compté sur des fournisseurs tels que Qorvo Inc., le fabricant de puces basé en Caroline du Nord pour connecter des smartphones avec des tours de téléphonie cellulaire, et Skyworks Solutions Inc., une entreprise basée à Woburn, dans le Massachusetts, qui fabrique des puces similaires. Il a également utilisé des composants de Broadcom Inc., le fabricant de puces Bluetooth et Wi-Fi basé à San Jose, et de Cirrus Logic Inc., une société basée à Austin, au Texas, qui fabrique des puces pour la production de son.

« Lorsque Huawei a lancé ce téléphone haut de gamme - et il s'agit de son produit phare - sans contenu américain, cela a eu l'effet d'une grosse annonce », a déclaré Christopher Rolland, analyste des semi-conducteurs chez Susquehanna International Group.

Les dirigeants de Huawei ont dit à Rolland que la société s'éloignait des pièces américaines, mais la vitesse à laquelle cela se produit reste surprenante même pour les analystes. Néanmoins, nombreux sont ceux qui pensent que cette réduction de la dépendance aux entreprises US devait arriver, mais que le décret de Trump a été le catalyseur qui a précipité les choses.

Sur le marché du smartphone, Huawei conserve sa seconde place selon les baromètres depuis plusieurs trimestres déjà, se rapprochant sensiblement du numéro un mondial Samsung. Par exemple, Gartner indiquait qu'Huawei a enregistré la plus forte croissance parmi les constructeurs malgré une absence aux USA, précisant que « Huawei a particulièrement bien réussi dans deux de ses plus grandes régions, l’Europe et la Grande Chine, où ses ventes de smartphones ont augmenté de 69% et 33%, respectivement ».

Huawei s'est également préparé à l'éventualité de perdre sa licence d'exploitation sur Android et a continué de développer son propre OS au cas où ses relations avec Google se dégraderaient. De plus, le constructeur est également en train de développer une alternative au Play Store de Google, avec sa galerie d'applications, présente depuis un certain temps sur les appareils Android Huawei et Honor.

En 2018, Huawei a promis aux développeurs d’applications de les aider à percer en Chine, le plus grand marché de smartphones du monde, s’ils construisaient des applications pour sa vitrine de téléchargements. En passe de devenir le fabricant de smartphones le plus prolifique au monde cette année, Huawei a aussi assuré à des partenaires développeurs d’applications que 50 millions de personnes utiliseraient son app store en Europe en 2018. La société aurait également proposé de fournir « un outil simple permettant de modifier les applications écrites pour Play Store afin qu'elles fonctionnent avec App Gallery », sa boutique d'applications. Une situation qui pourrait avoir des répercussions sur les entrées de Google.

Source : WSJ

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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 09/12/2019 à 12:52
La Chine demande aux bureaux du gouvernement de supprimer tout le matériel et logiciels étrangers,
Dans un élan d’incitation à l’utilisation des technologies locales, d’après un rapport

Alors que les relations commerciales sont davantage tendues entre Pékin et Washington, la Chine est déterminée à accroître son indépendance en prenant d'autres mesures pour retirer la technologie étrangère des organismes d'État et d'autres organisations, d’ici trois ans, a rapporté le Financial Times. La directive du gouvernement chinois est susceptible d'être un coup dur pour les multinationales américaines comme HP, Dell et Microsoft, et vient en réponse aux tentatives de Washington de limiter l'utilisation de la technologie chinoise.

Pékin remplacera probablement plus 20 millions d'ordinateurs dans les agences gouvernementales par des produits nationaux au cours des trois prochaines années, selon une étude de China Securities, une société de courtage, citée par le Financial Times. Plus de 100 projets d'essai de produits nationaux ont été achevés en juillet, a indiqué la société. Le journal avait déclaré plus tôt cette année que le Bureau central du Parti communiste avait ordonné aux bureaux de l'État et aux institutions publiques de se détourner du matériel et des logiciels étrangers aux États-Unis et chez ses alliés.


Les Etats-Unis ont progressivement éloigné les entreprises chinoises du marché américain de la technologie. Huawei a fait l'objet d'un examen minutieux aux États-Unis, où des représentants du gouvernement affirment que la société représente une menace pour la sécurité nationale et qu'elle pourrait être utilisée comme navire d'espionnage par le gouvernement chinois. En février, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a mis en garde les alliés du pays contre l'utilisation de la technologie Huawei, affirmant qu'il serait plus difficile pour Washington de « s'associer avec eux ».

Le président Donald Trump a signé un décret en mai dernier qui empêche des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. Dans le même élan, le ministère américain du Commerce a pris une mesure distincte interdisant aux entreprises américaines de traiter avec Huawei et 70 affiliés en les ajoutant à la « liste d'entités » américaine. Mais Huawei a toujours nié tout acte répréhensible qui lui est reproché par les Etats-Unis.
Selon le Financial Times, la nouvelle directive est la première instruction publique connue avec des objectifs spécifiques donnés aux acheteurs chinois pour qu'ils se tournent vers des fournisseurs de technologie nationaux. Mais, cette décision s'inscrit dans le cadre d'une campagne plus large visant à accroître la dépendance de la Chine à l'égard des technologies locales. Bloomberg News a rapporté en 2014 que Pékin visait à éliminer la plupart des technologies étrangères de ses banques, de l'armée, des agences gouvernementales et des entreprises publiques d'ici 2020. Et les politiques commerciales agressives du président américain Donald Trump à l'encontre de la Chine et de ses principales entreprises ont donné un nouvel élan à cet effort.

Brock Silvers, directeur général d'Adamas Asset Management a déclaré : « La guerre commerciale a mis en évidence divers points faibles de l'économie chinoise, que Pékin semble déterminé à corriger ». « Si la décision pousse Trump à interdire plus vigoureusement la technologie chinoise, la Chine pourrait un jour regretter d'avoir rendu publique sa politique si tôt », a-t-il ajouté, d’après un rapport de Bloomberg News.

La directive chinoise est un coup dur pour les multinationales américaines

Le Financial Times a rapporté que la décision avait été prise par le Bureau central du Parti communiste chinois plus tôt cette année. Selon le journal, les analystes de China Securities estiment que 20 à 30 millions de pièces de matériel – qui viennent pour la plupart des Etats-Unis – devront être remplacées à la suite de la directive chinoise, avec un remplacement à grande échelle dès l'année prochaine. Les substitutions se feraient au rythme de 30 % en 2020, de 50 % en 2021 et de 20 % l'année suivante, d'où le surnom de « politique 3-5-2 ».

Les employés de deux firmes de cybersécurité, qui ont demandé à garder l'anonymat, ont donné plus d’information au journal. Selon eux, la politique 3-5-2 s'inscrit dans le cadre d'une campagne visant à inciter les organismes gouvernementaux et les exploitants d'infrastructures essentielles de la Chine à utiliser une technologie « sûre et contrôlable », comme le prévoit la loi sur la cybersécurité adoptée par le pays en 2017. Mais contrairement aux pressions précédentes en faveur de l'autosuffisance technologique, les récentes sanctions américaines ont rendu le projet plus urgent, a déclaré Paul Triolo du cabinet de conseil Eurasia Group.

« Le programme 3-5-2 de la Chine n'est que la pointe de l'iceberg », a déclaré M. Triolo. « L'objectif est clair : parvenir à un espace largement libéré des menaces auxquelles ZTE, Huawei, Megvii et Sugon sont aujourd'hui confrontés », a-t-il ajouté, citant d’autres entreprises chinoises qui, ces deux dernières années, ont été empêchées d'acheter à des fournisseurs américains.


En plus du rythme de remplacement est ambitieux, le Financial Times a rapporté que les bureaux du gouvernement ont déjà tendance à utiliser les ordinateurs de bureau de Lenovo, à la suite de l'acquisition par l'entreprise de la division des ordinateurs personnels du géant américain IBM. Et le changement est d’autant plus important que, selon les estimations des analystes de Jefferies, les entreprises technologiques américaines génèrent jusqu'à 150 milliards de dollars par an de revenus en provenance de Chine, bien qu'une grande partie de ces revenus provienne d'acheteurs du secteur privé.

On peut dire que les géants américains ont été prévenus. En juin dernier, des représentants du gouvernement chinois auraient convoqué une série de réunions au cours desquelles ils auraient mis en garde de nombreuses entreprises de technologie contre des « conséquences désastreuses » que pourrait avoir leur coopération avec l'interdiction américaine de continuer de faire des affaires avec Huawei.

Il sera difficile pour la Chine de remplacer les technologies étrangères par des alternatives domestiques

À partir de l'année prochaine, des industries clés telles que la finance, l'énergie et les télécommunications mettront à l'essai un plus grand nombre de produits nationaux dans le cadre d'essais qui pourraient durer des années, a rapporté Bloomberg News en citant l’étude de la société de courtage. Les banques chinoises sont censées passer des produits d’IBM et d’Oracle à des fournisseurs d'architecture X86 plus diversifiés, puis à du matériel entièrement fabriqué en Chine. La Chine aurait décidé d'adopter l'architecture ARM pour son matériel domestique, d’après l’étude de China Securities cité par Bloomberg News.

« La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis pourrait également contribuer à créer un nouveau marché pour les produits faits maison », a écrit Shi Zerui, analyste des valeurs mobilières de Chine.

Cependant, les analystes disent qu'il sera difficile de remplacer les logiciels étrangers par des alternatives domestiques, car la plupart des fournisseurs chinois de logiciels développent des produits pour les systèmes d'exploitation américains populaires tels que Windows de Microsoft et MacOS d'Apple.

Selon le Financial Times, il est également difficile de définir ce qu'est un « produit national » dans ce contexte. Car, bien que Lenovo soit une société chinoise qui assemble de nombreux produits en Chine, ses processeurs informatiques sont fabriqués par Intel et ses disques durs par Samsung. Il serait encore difficile pour l’industrie nationale de se passer des produits des fournisseurs de semi-conducteurs tels que comme Intel Corp. et Nvidia Corp. ainsi que des logiciels de Microsoft Corp. et Apple Inc.

De plus, les systèmes d'exploitation chinois faits maison, tels que Kylin OS, ont un écosystème beaucoup plus restreint de développeurs produisant des logiciels compatibles, selon le Financial Times.

Que la Chine veuille abandonner la technologie étrangère au profit de la technologie nationale, c’est tout à son honneur, mais vouloir le faire en trois ans, cela voudrait dire que le pays est déjà bien avancé dans ses plans bien avant qu'ils ne soient dévoilés. Aussi, les entreprises privées voudront-elles suivre plus tard ce mouvement, alors qu’elles ont fait des investissements importants dans la technologie étrangère ?

Sources : The Financial Times

Et vous ?

Que pensez-vous de la directive chinoise ?
Selon vous, la Chine peut-elle remplacer la technologie étrangère en 3 ans ?
Les entreprises privées voudront-elles suivre ce mouvement ?
Selon vous, les multinationales américaines sont-elles exposées à des risques avec ce changement ?

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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 31/08/2019 à 8:07
Huawei prévoit le lancement de son prochain téléphone sans les applications populaires de Google, notamment Maps et YouTube,
Le smartphone n'aura pas non plus accès à Google Play

Malgré l’interdiction américaine qui a privé Huawei d’importantes licences, le géant chinois des télécommunications veut progresser dans ces activités smartphone. Huawei prévoit le lancement de nouveaux smartphones haut de gamme en Europe, même s’ils ne pourront pas être alimentés par le système d'exploitation officiel Android de Google et des applications populaires telles que Google Maps et YouTube en raison de l’interdiction américaine, selon Reuters.

Un porte-parole de Google a confirmé à Reuters que le Mate 30 ne peut pas être vendu avec des applications et services Google sous licence en raison de l'interdiction américaine des ventes à Huawei. Un sursis temporaire annoncé par le gouvernement américain la semaine dernière ne s'appliquant pas aux nouveaux produits tels que le Mate 30, selon le porte-parole.

En effet, la première période de sursis qui a expiré le 19 août dernier a été renouvelée pour 90 jours supplémentaires. Pendant cette période, le Département américain du Commerce permet à Huawei de continuer d'acheter des produits de fabrication américaine. Cette décision a pour but de permettre au fabricant d’équipement de télécommunication de soutenir des clients existants dans le secteur des téléphones intelligents et de l'infrastructure cellulaire afin de réduire au minimum les perturbations liées à l’interdiction. Mais cette exemption ne s’applique pas au nouveau Huawei Mate 30.


Le Mate 30, conçu pour fonctionner sur les nouveaux réseaux mobiles 5G, est le premier smartphone phare de Huawei depuis que l'administration du président américain Donald Trump l'a effectivement mis sur liste noire à la mi-mai, alléguant qu'elle est impliquée dans des activités qui compromettent la sécurité nationale américaine, une accusation que la société nie. Selon une source familière avec le sujet, le géant chinois va présenter sa nouvelle gamme de téléphones Mate 30 le 18 septembre à Munich.

Google pouvait demander la permission d'offrir ses applications à Huawei, mais Reuters ne dit pas s’il l’a fait. Toutefois, aucune des plus de 130 demandes de licences reçues par le Département américain du Commerce de la part des entreprises pour vendre des marchandises américaines à Huawei n'a été accordée, selon Reuters. Cela signifie également que le prochain téléphone Huawei n'aura pas accès au magasin d'applications Google Play, ce qui pourrait laisser les clients sans accès à d'autres applications populaires.

Bien que Huawei ait été ajouté à la liste noire en réponse à des préoccupations sécuritaires, l'incertitude qui entoure le Mate 30 ne pourrait être levée que si un accord est trouvé dans le cadre de la guerre commerciale qui fait rage entre Pékin et Washington depuis plusieurs mois – le président Trump avait indiqué cela par le passé.
Selon Reuters, Huawei a dit dans une déclaration : « Huawei continuera à utiliser l'OS et l'écosystème Android si le gouvernement américain nous y autorise. Sinon, nous continuerons à développer notre propre système d'exploitation et écosystème. »

L’entreprise a mis en ligne un site Web nommé « Huawei Answers » pour répondre aux préoccupations des consommateurs concernant la relation de l'entreprise avec Android. On peut lire sur ce site ce qui suit :

« Tous les smartphones, tablettes et ordinateurs Huawei continueront de recevoir les correctifs de sécurité, les mises à jour Android et le support technique de Microsoft.

« Quiconque a déjà acheté ou est sur le point d'acheter un smartphone Huawei peut continuer à accéder au monde des applications comme ils l'ont toujours fait. Tous les appareils continuent d'être couverts par la garantie de notre fabricant et bénéficieront d'une assistance technique complète en conséquence ».

Huawei, qui est seulement à quelques semaines du premier lancement majeur de smartphone depuis l'application des restrictions américaines en mai dernier, compte également sur les autres équipements du nouveau téléphone. Selon Reuters, le cerveau de la ligne Mate 30, le chipset Kirin 990, sera officiellement dévoilé le 6 septembre par Richard Yu, le plus haut responsable des consommateurs de Huawei, lorsqu'il prononcera le discours d'ouverture du salon IFA à Berlin. Le Kirin 990 a été développé par HiSilicon, l'unité des puces de Huawei, à partir des plans du designer britannique ARM Holdings.

ARM fait partie des entreprises qui ont suspendu leurs activités avec Huawei après l'interdiction américaine parce que ses conceptions contiennent des technologies d'origine américaine. Mais selon Reuters, Huawei a déclaré la semaine dernière qu'il est propriétaire perpétuel de la licence ARMv8 et que les puces basées sur cette licence, y compris le Kirin 990, ne seraient pas affectées par cette interdiction.

ARM n’a pas répondu à une demande de commentaire de Reuters concernant sa relation avec Huawei. La société s’est contentée de dire que « ARM continue de se conformer aux dernières restrictions du Département du Commerce américain et nous nous conformons aux directives relatives aux types spécifiques de conversations autorisées, techniques ou autres ».

Huawei pourra-t-il vendre sa ligne Mate 30 sans Google Services ?

Huawei peut toutefois utiliser une version open source d'Android sans enfreindre l'interdiction de vente des États-Unis. Mais les applications de Google ne peuvent être utilisées en Europe que sous une licence payante du géant de la recherche.


Selon les analystes, le lancement sans les applications de Google en Europe sera un coup dur. « Sans Google Services, personne n'achètera l'appareil », a déclaré l'analyste indépendant Richard Windsor.

En effet, les consommateurs s'attendent à avoir accès à toutes les principales applications auxquelles ils sont habitués, y compris Maps et YouTube. Sans elles, les téléphones de Huawei sembleront beaucoup moins attrayants. Et ne pas accéder au Play Store signifie que Huawei devra fournir aux clients un autre moyen d'accéder à d'autres applications populaires telles que Facebook, Twitter et WhatsApp.

Ces dernières années, Huawei s'est rapidement hissée au sommet de l'industrie mondiale des smartphones grâce à son matériel de haute qualité, et l'Europe a été un marché clé. Mais l'interdiction américaine a eu un impact négatif sur la part de marché de Huawei en Europe qui est passée de 24,9 % au premier trimestre 2019 à 19,3 % au deuxième trimestre, selon les chiffres de Counterpoint Research.

Huawei a également annoncé plus tôt ce mois-ci son propre système d'exploitation mobile, baptisé Harmony OS. Mais les analystes et les dirigeants de Huawei sont sceptiques quant au fait qu'il s'agit d'une alternative viable à Android.

Lancer un produit majeur en Europe sans les applications Google sera un véritable défi pour Huawei. Quel avenir est réservé à la ligne Mate 30 de Huawei sans le magasin de jeu en ligne ?

Sources : Reuters, Huawei Answers

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Quel commentaire faites-vous du lancement de Mate 30 sans les services Google ?
« Tous les smartphones, tablettes et ordinateurs Huawei continueront de recevoir les correctifs de sécurité, les mises à jour Android … ». Qu’en pensez-vous ?
Quel avenir prévoyez-vous pour la branche smartphone de Huawei avec Harmony OS ?

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Avatar de Christian Olivier
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 22/11/2019 à 7:58
L’administration Trump octroie à certaines entreprises US, y compris Microsoft, des licences
Pour continuer de faire affaire avec Huawei, mais des sénateurs US fustigent déjà cette mesure

Il y a quelques jours, l’administration Trump a publié un nouvel arrêté qui prolonge de 90 jours (désormais jusqu’en février 2020) « la période de grâce » durant laquelle elle autorise les entreprises américaines à faire des affaires avec l’entreprise chinoise Huawei Technologies. Il a également été rapporté que le département américain du Commerce examinait en parallèle la possibilité d’octroyer des licences individuelles aux entreprises locales qui souhaitent continuer à faire des affaires avec des entités « à risque » comme Huawei qui figurent sur la liste noire du gouvernement US pour des raisons de sécurité nationale. Des sociétés comme Google, Intel ou Microsoft sont particulièrement intéressées par la seconde option qui leur procurerait, à eux ainsi qu’à leurs partenaires (Huawei en l’occurrence) une certaine stabilité et de meilleures garanties pour la poursuite de leurs transactions commerciales.

Ce mercredi, le département US du Commerce a confirmé qu’il a commencé à délivrer des licences à certaines entreprises américaines qui souhaitent continuer à faire des affaires avec Huawei qui, il faut le souligner, reste le premier fabricant mondial d’équipements de télécommunications, le deuxième fabricant mondial de smartphones et un fournisseur important dans le marché des PC et tablettes 2-en-1. Le département US du Commerce a déclaré que 50 % environ des 300 demandes de permis ont été traitées et que la moitié de celles-ci, soit un quart du total, ont été approuvés. Une source proche du dossier a précisé à Reuters que certaines licences pour la vente de composants de smartphones et de composants non électroniques ont été approuvées.


« Le Département délivre ces licences restreintes pour autoriser des activités limitées et spécifiques qui ne présentent pas un risque important pour la sécurité nationale ou les intérêts de la politique étrangère des États-Unis », pouvait-on lire dans un communiqué du ministère.

Par la voix d’un porte-parole, Microsoft, l’un des bénéficiaires de cette mesure d’assouplissement, s’est félicité de cette évolution : « Le 20 novembre, le département US du Commerce a accédé à la demande de Microsoft pour l’obtention d’une licence d’exportation de logiciels grand public à la faveur d’Huawei. Nous apprécions l’action du Ministère en réponse à notre demande ».

La Semiconductor Industry Association, un groupe américain de lobbying, s’est félicitée de l’annonce du département US du Commerce, affirmant que les ventes de produits non sensibles contribuent à assurer la compétitivité des États-Unis, ce qui est essentiel à la sécurité nationale. « Nous espérons que les approbations de licence continueront à se dérouler de manière appropriée et opportune », a ajouté l’association.

Ce nouveau geste de bonne volonté intervient alors que l’administration Trump s’attèle à finaliser la signature de la première étape d’un accord commercial avec la Chine afin de mettre fin au bras de fer commercial qui oppose les deux régimes depuis de longs mois. Huawei pourrait très bien se passer de matériels en provenance des États-Unis pour concevoir ses appareils, mais le faire sans logiciel US serait plus difficile. Le géant technologique chinois attendait avec impatience l’octroi de licences qui lui permettraient de continuer à exploiter les services et solutions logicielles « quasi incontournables à l’heure actuelle », comme Windows ou Azure chez Microsoft ou Android et ses services associés du côté de Google pour son essor sur le marché international.

Toutefois, côté américain, cette mesure d’assouplissement ne plait pas à tout le monde. Un groupe de sénateurs républicains et démocrates a récemment exhorté l’administration Trump à arrêter la délivrance de ces licences, avertissant que même des affaires limitées avec Huawei pourraient poser un risque pour la sécurité nationale. Dans une lettre au président Trump, un groupe de 15 sénateurs a fustigé cette mesure.

« Compte tenu des risques de sécurité posés par les activités de Huawei aux États-Unis, nous vous demandons de prendre des mesures immédiates pour suspendre l’approbation de ces licences et de veiller à ce que le Congrès soit correctement informé du processus d’approbation des licences et de ses implications pour la sécurité nationale à l’avenir », ont écrit les sénateurs Charles Schumer et Tom Cotton dans la lettre et demandé à Trump de s’assurer que l’administration informe les principaux législateurs et comités du Congrès de toute licence dont bénéficierait Huawei aux USA.

Par ailleurs, le sénateur Marco Rubio a fait une déclaration dans laquelle il avance que la société Huawei « représente une menace claire et croissante pour la sécurité économique et nationale des États-Unis et de leurs alliés », précisant : « Je crois fermement qu’il est contraire à l’intérêt de la sécurité nationale des États-Unis d’accorder des licences pour les exportations américaines qui soutiennent ou renforcent Huawei ».

Sources : Reuters, Lettre des sénateurs US (PDF)

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Huawei affirme que des entreprises américaines ont manifesté leur intérêt pour l'octroi de licence pour sa technologie 5G, alors que la firme demeure sur a liste noire américaine, selon un rapport
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Le 27/06/2019 à 13:49
Les sociétés américaines de technologie contournent l’interdiction de Trump
Pour continuer à vendre les composants à Huawei, selon un rapport

Une ordonnance de l’administration Trump interdisant la vente de la technologie américaine à Huawei et ses alliés est en vigueur, mais selon un rapport du New York Times publié le mardi, les entreprises américaines de technologie continuent de vendre des composants au géant chinois des télécommunications. En effet, les fabricants américains de puces et d'autres entreprises ont trouvé des moyens de poursuivre les ventes qui leur permettent d’outrepasser les sanctions en vendant des produits fabriqués en dehors des États-Unis, a indiqué le journal en citant des sources anonymes.

Selon les sources du quotidien new-yorkais, les fabricants de composants Intel et Micron profitent d'une disposition concernant la façon dont les marchandises sont étiquetées pour les expédier à Huawei, car les marchandises produites à l'étranger par des entreprises américaines ne sont pas toujours considérées comme fabriquées aux États-Unis. Les composants ont commencé à être expédiés à Huawei il y a trois semaines, selon le journal. Cette exemption des produits des sociétés américaines fabriqués à l'étranger pourrait permettre à Huawei de continuer à vendre des produits tels que des smartphones et des serveurs.


En mai dernier, Huawei a été ajouté à la liste noire américaine par le ministère du Commerce, empêchant l’entreprise de recevoir des composants fabriqués aux États-Unis sans l'autorisation de Washington. Bien avant, le président Donald Trump avait signé un décret exécutif interdisant l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger » et susceptible de créer un « risque de sabotage indu » des systèmes de communication américains ou des « effets catastrophiques » sur l’infrastructure américaine.

L’interdiction visait essentiellement le chinois Huawei en raison des allégations selon lesquelles Huawei a des liens étroits avec le gouvernement chinois. Huawei a nié à plusieurs reprises cette accusation. Mais les restrictions imposées à Huawei ont été revues par le ministère du Commerce qui a accordé à Huawei un délai de 90 jours pour lui permettre de conserver les réseaux existants et de mettre à jour les téléphones, tablettes et autres appareils existants jusqu'à mi-août.

L’interdiction avait déjà commencé à avoir d’importants effets sur les affaires internationales du fabricant chinois de smartphones. Un peu plus tôt ce mois, Bloomberg a rapporté que Huawei se préparerait à une baisse de 40 % à 60 % des livraisons internationales de smartphones correspondant à une baisse en volume de l'ordre de 40 à 60 millions de smartphones cette année. Huawei perdra l'accès à Play Store et aux principales applications Google comme YouTube et Gmail à un moment donné. Et les utilisateurs devront chercher d'autres App Stores pour bénéficier des applications courantes ou abandonner les smartphones Huawei, si les choses ne s’arrangent pas entre Pékin et Washington. Toutefois, si Huawei peut se procurer les composants des entreprises américaines fabriqués en dehors des Etats-Unis, il pourra continuer certaines expéditions.

Le PDG de Micron, Sanjay Mehrotra, a déclaré mardi, lors d'une conférence téléphonique sur les bénéfices, qu'il avait cessé ses livraisons à Huawei le mois dernier, mais qu'il les avait reprises il y a deux semaines après avoir « déterminé que nous pourrions légalement reprendre » certaines livraisons, a rapporté le New York Times.

Vendredi dernier, John Neuffer, président de la Semiconductor Industry Association, une association professionnelle basée aux États-Unis, a déclaré que ses membres « s'engagent à respecter rigoureusement » les sanctions, mais a noté qu' « il est maintenant clair que certains articles peuvent être fournis à Huawei conformément à la liste des entités et aux règlements applicables ».

« Chaque entreprise est touchée différemment en fonction de ses produits et de sa chaîne d'approvisionnement, et chaque entreprise doit évaluer la meilleure façon d'exercer ses activités et de demeurer en conformité avec la loi », a ajouté M. Neuffer.

Mais malgré cette exemption des produits fabriqués à l’étranger, Huawei n’est pas encore tiré d’affaire, selon le journal : « Cependant, la situation de Huawei reste très incertaine », a-t-il écrit.

Plus tôt ce mois-ci, Pékin a également exercé des pressions sur les entreprises américaines. Les autorités chinoises ont déclaré qu'il créerait leur propre « liste d'entités peu fiables » pour punir les entreprises et les individus qu'il perçoit comme portant atteinte aux intérêts chinois. La semaine suivante, le principal organisme de planification économique de la Chine a convoqué des dirigeants étrangers, dont des représentants de Microsoft, Dell et Apple. Elle les a avertis que le fait de couper les ventes aux entreprises chinoises pourrait entraîner des sanctions et a laissé entendre que les entreprises devraient faire pression sur le gouvernement américain pour qu'il mette fin à ces interdictions.

Quelques jours après la réunion de Pékin, Reuters a rapporté que les fabricants de puces américains faisaient discrètement pression pour assouplir l'interdiction de Huawei.

Les responsables des fournisseurs américains de puces de Huawei, Intel et Xilinx Inc, ont assisté à une réunion à la fin du mois de mai avec le ministère du Commerce pour discuter d'une réponse au placement de Huawei sur la liste noire, a écrit Reuters. Selon quatre sources d’information de Reuters, Qualcomm aurait également fait pression sur le Département du Commerce à ce sujet.

Selon Reuters, les fabricants de puces ont dit au département du Commerce que les unités de l’entreprise chinoise qui vendent des produits tels que les smartphones et les serveurs informatiques utilisent des pièces couramment disponibles et il est peu probable qu'elles présentent les mêmes problèmes de sécurité que l'équipement réseau 5G de la société technologique Huawei.

Le Département du Commerce ainsi que Micron et Huawei n'ont pas répondu immédiatement à une demande de commentaires de Reuters. Quant à Intel, il a refusé de commenter, d’après Reuters.

Source : The New York Times

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Loi possibilité de vendre aux entreprises chinoises les composants fabriqués en dehors des Etats-Unis ne va-t-elle pas inciter les entreprises américaines à développer leur chaine d’approvisionnement à l’étranger ?

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Le 14/08/2019 à 8:18
Impôt : Trump retarde l'application des droits de douane sur certaines importations chinoises.
Cette mesure peut-elle apaiser la guerre commerciale américano-chinoise ?

Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé hier le report de ses 10 % de droits de douane sur les importations chinoises, fixant ainsi les droits de douane sur les téléphones portables, ordinateurs portables et autres biens de consommation, dans le but d'atténuer leur impact sur les ventes des vacances.

Donald Trump, s’adressant aux journalistes, a déclaré que ce retardement visait en partie à éviter de perturber les clients américains pour Noël. « Nous le faisons pour la saison de Noël, au cas où certains des tarifs auraient un impact sur les clients américains », a déclaré Trump à des journalistes au New Jersey. « Juste au cas où ils pourraient avoir un impact sur les gens, ce que nous avons fait, c'est que nous l'avons retardé afin qu'ils ne soient pas pertinents pour la saison des achats de Noël ».


L'annonce faite par l'USTR a été publiée quelques minutes après que le ministère chinois du Commerce ait déclaré que le vice-premier ministre Liu He avait passé un appel téléphonique avec des responsables américains du commerce. Certains analystes ont déclaré que l’action de mardi ne signifiait pas que la guerre commerciale était terminée. Elena Duggar, directrice générale associée de l'agence de notation Moody's, a déclaré : « Cet apparent apaisement des tensions actuelles pourrait constituer un sursis temporaire ... Les relations entre les deux plus grandes économies du monde resteront controversées, ponctuées de mesures ponctuelles de compromis ».

L’incertitude entourant la guerre commerciale a pesé sur les marchés. Les actions américaines ont connu leur pire journée de l’année le 5 août, lorsque la Chine a laissé sa devise s’affaiblir, franchissant le seuil de 7 yuans pour un dollar et annonçant qu’elle mettrait fin aux importations de produits agricoles en provenance des États-Unis.

Les investisseurs technologiques ont bien accueilli l'annonce des exemptions, poussant l'indice des actions à puce à la hausse de 2,8 %. Les parts des détaillants et des industries ont également augmenté, avec General Electric en hausse de 4,4 %. À Wall Street, les trois principaux indices boursiers ont augmenté de plus de 2 % à un moment donné. Le Dow Jones et le S & P 500 ont progressé de 1,4 %, tandis que le Nasdaq, dominé par les technologies, a terminé en hausse de 1,9 %, mené par une hausse de 4 % pour Apple.

Au Royaume-Uni, les valeurs exposées au commerce mondial ont également augmenté, le mineur Glencore clôturant en hausse de 2,3 %. Les actions du principal marché Apple Inc. ont grimpé de 4,2 % après avoir appris que ses principaux produits pour iPhone, tablette et ordinateur portable seraient épargnés pour le moment. Le président Trump a annoncé le 1er août qu'il imposerait un droit de douane de 10 % sur 300 milliards de dollars de produits chinois, accusant la Chine de ne pas avoir honoré ses promesses d'acheter davantage de produits agricoles américains.

Il a aussi personnellement reproché au président chinois Xi Jinping de ne pas avoir fait plus pour freiner les ventes de fentanyl synthétique, un opioïde synthétique dans le contexte d'une crise de surdose d'opioïdes aux États-Unis. Mais dans un tweet, mardi, M. Trump a laissé entendre qu'il s'attendait à quelque chose en retour, suggérant que l'échec de la Chine à « acheter gros » aux agriculteurs américains pourrait être sur le point de changer.


L'agence de presse Xinhua a annoncé que les autorités chinoises avaient publié « une protestation solennelle » contre les sanctions prévues à compter du 1er septembre. M. Liu a convenu avec le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, et le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, de reprendre la parole par téléphone dans les deux prochaines semaines, a annoncé le ministère. Les deux parties devraient tenir une autre série de réunions à Washington en septembre, mais la détérioration des relations au cours des deux dernières semaines laisse planer un doute quant à la tenue ou non des négociations.

Le gouvernement Trump envisage toujours d’imposer des droits de douane de 10 % sur des milliers de produits alimentaires, de vêtements et autres produits électroniques grand public chinois à compter du 1er septembre. Parmi ceux-ci figurent des montres intelligentes de fabrication chinoise Apple et Fitbit, des haut-parleurs intelligents d'Amazon.com Inc. Google et Apple, ainsi que des écouteurs et autres appareils Bluetooth, catégorie estimée à 17,9 milliards de dollars US.

Les téléviseurs à écran plat en provenance de Chine, d’une valeur de 4,5 milliards de dollars, feront également l’objet d’une réduction de 10 % le 1er septembre, après avoir été épargnés par la première série des tarifs de Trump il y’a plus d’un an. Les animaux vivants, les produits laitiers, les skis, les balles de golf, les lentilles de contact, les piles au lithium ion et les souffleuses à neige recevront également des tarifs le 1er septembre.

Un représentant d'un groupe professionnel a déclaré que l'USTR les avait informés qu'il avait choisi de différer les droits de douane sur les articles pour lesquels la Chine fournissait plus de 75 % du total des importations américaines. Les catégories de produits pour lesquelles la Chine fournit moins de 75 % vont encore faire face à des tarifs le 1er septembre, a déclaré le représentant, qui a requis l'anonymat parce que l'information n'a pas été rendue publique. Selon les données du recensement américain, la Chine a fourni 82 % des téléphones cellulaires américains et 94,5 % des ordinateurs portables américains en 2018.


Dans une récente sortie, la Retail Industry Leaders Association a déclaré : « Le retrait de certains produits de la liste et le report de 10 % de droits de douane supplémentaires sur d’autres produits, tels que les jouets, les produits électroniques grand public, les vêtements et les chaussures, jusqu’au 15 décembre sont une bonne nouvelle, car cela atténuera certaines difficultés. Consommateurs tout au long de la saison des vacances ».

La Consumer Technology Association a applaudi le retard sur certains articles, mais a ajouté : « Le mois prochain, nous commencerons à payer davantage pour certains de nos appareils technologiques préférés y compris les téléviseurs, les haut-parleurs intelligents et les ordinateurs de bureau. L'administration devrait supprimer définitivement ces droits de douane néfastes et trouver un autre moyen de tenir la Chine pour responsable de ses pratiques commerciales déloyales ».


Source : Reuters, BBC News

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Donald Trump serait-il un bon président pour les Américains ou un bon président tout court ?

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Le 11/10/2019 à 4:52
Les États-Unis envisageraient de subventionner les concurrents européens de Huawei,
le pays aurait envisagé de porter son soutien aux européens Ericsson ou Nokia

Même si Huawei ne parle presque plus de ses déboires avec l’administration Trump et semble déterminé à survivre après la rupture de ses rapports commerciaux avec les entreprises américaines, Washington n’a peut-être pas encore fini avec sa campagne de boycott qu’il a entamé vis-à-vis de l’entreprise chinoise. Selon des informations rapportées par le média britannique Financial Times, les États-Unis envisageraient de subventionner les concurrents européens de Huawei à l'instar du finlandais Nokia et du suédois Ericsson.

Donald Trump et son administration ont accusé le chinois Huawei de fabriquer des équipements qui pourraient permettre à la Chine d’espionner les autres gouvernements dans le monde et d’autres systèmes sensibles. Résultat, le président américain a signé un décret en mai dernier qui a placé l’entreprise chinoise sur une liste noire. Elle est interdite, du moins jusqu’à nouvel ordre, de nouer des partenariats commerciaux avec les entreprises américaines, une situation qui a eu pour effet de déclencher une guerre commerciale entre Pékin et Washington.

Le président américain a voulu étendre sa campagne de boycott vis-à-vis de Huawei vers le reste du monde, notamment vers l’Europe en prévenant sur les dangers que représente l’utilisation des équipements du chinois, mais plusieurs pays européens comme l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont refusé de suivre les USA dans leur décision. Néanmoins, Trump et son administration semblent déterminés à poursuivre la guerre contre Huawei, cette fois en donnant du soutien et du poids à certaines entreprises européennes qu'ils jugent capables de concurrencer Huawei.

À en croire les récentes informations rapportées par le quotidien londonien Financial Times, l’administration Trump pourrait envisager de subventionner (à travers des crédits) les concurrents de Huawei, à savoir le suédois Ericsson et le finlandais Nokia (qui a avalé le franco-américain Alcatel-Lucent) pour les rendre plus attractifs auprès des opérateurs télécom. Selon les analyses du journal, ce geste revient à admettre que Huawei est clairement le moins cher. Cela pourrait aussi signifier que malgré la position actuelle délicate de Huawei, bon nombre d’opérateurs télécom dans le monde ont tout de même du mal à le concurrencer.


Selon le Financial Times, Washington serait prêt à délivrer des crédits à Ericsson et Nokia pour leur permettre de mieux résister au géant chinois. Parallèlement, les États-Unis tentent de convaincre des sociétés américaines de se lancer sur le marché des équipements 5G. Le Financial Times a expliqué que l'objectif de Washington est de permettre à ces entreprises de s'aligner commercialement avec Huawei qui propose des conditions de financement généreuses (grâce au soutien des banques de Pékin) à ses clients et des délais de paiement plus longs.

Washington s’est-il rendu compte de son échec dans sa campagne de boycott des équipements de Huawei ? Si la démarche annoncée par le Financial Times s’avère être vraie, cela pourrait signifier que les USA n’ont pas pu évincer Huawei de sa position de leader mondial sur le marché des équipements 5G, ce malgré la panoplie de barrières commerciales dirigées contre l’entreprise. Si l’on doit se référer à certaines bouches indiscrètes proches du dossier, cela représente une préoccupation majeure à l’heure actuelle de la Maison-Blanche.

« C’est l’une des grandes préoccupations du gouvernement à l’heure actuelle. Tout le monde, du département de la Défense au département du Commerce en passant par le département de la Sécurité intérieure, examine la question », a déclaré au Financial Times une source proche du dossier. La Maison-Blanche a toutefois refusé de commenter le sujet. D’autres sources ont également indiqué qu’une autre alternative évoquée par Washington serait la création d'un champion local. Mais la tâche s’avère plus compliquée qu’on pourrait le croire.

Pour certains, on ne s'improvise pas équipementier 5G, un domaine ultra-technique et très coûteux, en seulement quelques mois. Il est bien trop tard pour réagir, d'ailleurs d’autres acteurs concernés comme Oracle ou Cisco auraient poliment décliné. Nokia et Ericsson ont refusé de commenter l'article du Financial Times. Par contre, interrogé par BFM Business sur la question, le président de la branche française d’Ericsson a réfuté les dires selon lesquels Huawei aurait deux ans d'avance sur ses concurrents en 5G. Selon lui, il n’y a aucune évidence pour affirmer cela.

« Nous avons signé 47 accords de partenariats avec des opérateurs dont 26 sont déployés ou sont en cours de déploiements et 19 sont allumés sur les quatre continents, ce qui représente la moitié des réseaux 5G ouverts commercialement dans le monde », a déclaré Franck Bouétard, PDG d’Ericsson France. En juillet dernier, Huawei revendiquait 50 accords. Franck Bouétard a aussi ajouté qu'Ericsson est leader en matière de contributions de brevets (49.000), « il n'y a donc pas d'évidence que Huawei a deux ans d'avance sur ses concurrents en 5G ».

Un coup de pouce de l'administration américaine serait-il inutile ? Les opérateurs télécom restent pragmatiques. Le déploiement rapide de la 5G à coûts maîtrisés est stratégique. Une étude a montré cette année que sans les fournisseurs chinois, les déploiements coûteront 62 milliards d'euros de plus et provoquerait un retard de 18 mois en Europe. « Si nous concentrons nos efforts sur deux acteurs, je pense que c'est une position malsaine, non seulement pour nous en tant qu'industrie, mais également pour l'infrastructure nationale du pays », avait déclaré Nick Read, PDG de Vodafone en février dernier.

Sources : BFM Business, Financial Times

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Avatar de Christian Olivier
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Le 19/11/2019 à 9:38
Les États-Unis prolongent de 90 jours supplémentaires la période de grâce durant laquelle Huawei est autorisé
À faire des affaires avec les entreprises américaines

L’administration Trump a publié ce lundi un nouvel arrêté qui prolonge de 90 jours (désormais jusqu'en février 2020) « la période de grâce » durant laquelle elle autorise les entreprises américaines à faire des affaires avec l’entreprise chinoise Huawei Technologies, a récemment rapporté Reuters. Le média précise qu’en parallèle, les régulateurs américains s’attèlent à l’élaboration de nouvelles dispositions réglementaires permettant d’encadrer les entreprises de télécommunications qui présentent des risques de sécurité nationale.


Pour rappel, invoquant des préoccupations en matière de sécurité nationale l’administration Trump a pris des mesures extrêmes et sans précédent contre Huawei en mai dernier en mettant l’entreprise chinoise sous embargo. Ces mesures incluaient l’ajout du géant chinois des télécoms dans une liste noire (comme la société russe de cybersécurité Kaspersky auparavant) qui contraint les entreprises étasuniennes à ne plus faire affaire avec Huawei, à moins d’avoir une autorisation officielle préalable. Cette décision avait poussé de nombreuses entreprises technologiques américaines (Microsoft, Intel, ARM, Google…) à mettre un terme à leurs relations commerciales avec le second fabricant mondial de smartphones qui occupe près du quart du marché dans la zone EMEA.

Par la suite, le département américain du Commerce avait fini par autoriser temporairement Huawei à continuer à faire des affaires avec ses homologues américains. La période de grâce initiale avait été fixée à 90 jours. L’administration Trump vient donc simplement de renouveler le moratoire qu’elle avait accordé au géant technologique chinois, en marge du bras de fer économique qui oppose Pékin à Washington depuis plusieurs mois, un conflit dans lequel la surenchère verbale, l’arrestation de hauts responsables de multinationales de part et d’autre et la manipulation des tarifs douaniers font partie des principaux instruments de cette confrontation économique. Il faut noter que la Maison-Blanche laissait jusque-là entendre qu’elle n’accorderait qu’un sursis supplémentaire de deux semaines au géant chinois à l’expiration du premier délai.

« L’extension de la licence générale temporaire permettra aux opérateurs de continuer à desservir des clients dans certaines des régions les plus reculées des États-Unis, qui seraient autrement laissés pour compte », a expliqué le secrétaire US du Commerce Wilbur Ross. Ce dernier précisera toutefois : « le Département continuera de surveiller rigoureusement les exportations de technologies sensibles pour s’assurer que nos innovations ne sont pas exploitées par ceux qui pourraient menacer notre sécurité nationale ».

Le département du Commerce examine également la possibilité d’octroyer des licences individuelles aux entreprises américaines qui souhaiteraient continuer à faire des affaires avec des entités sur liste noire comme Huawei, en attendant la publication par ses soins du plan d’application réclamé par le président Trump.

Parallèlement à ces annonces, l’entreprise technologique Huawei a souligné que cette prolongation n’aura de toute manière aucun d’impact substantiel sur les affaires du groupe, précisant que « cette décision ne change rien au fait que Huawei continue d’être traité injustement » : malgré la répression américaine, le chiffre d’affaires de l’entreprise chinoise était en hausse de 23 % au premier semestre de 2019. La firme qui serait déjà engagée dans des pourparlers avec un certain nombre d’opérateurs de télécommunications américains au sujet de l’octroi d’une licence pour sa technologie de réseau 5G soutient par ailleurs que la décision de l’inclure dans cette fameuse liste noire a causé plus de tort aux États-Unis qu’à Huawei, notamment un préjudice économique important aux entreprises US avec lesquelles le chinois fait affaire.

En ce qui concerne les smartphones, par exemple, Huawei pourrait très bien se passer de matériels en provenance des USA pour concevoir ses appareils, mais le faire sans logiciel américain serait plus difficile. La société a déjà dû livrer son Mate 30 Pro en Europe sans les applications Google traditionnelles, ce qui en fait l’un des rares smartphones Android du marché à être livré sans Google Maps, Gmail, YouTube, et la Play Store (qui donne accès à 2,8 millions d’applications Android). L’entreprise essaye malgré tout de mettre en avant différentes alternatives pour compenser : Huawei Mobile Services et HarmonyOS en sont de parfaits exemples. Mais il faudra encore du temps au groupe pour que ces solutions soient parfaitement au point et mieux connues des consommateurs.

Source : Reuters

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Les motifs avancés par Trump pour justifier l'embargo contre Huawei sont inacceptables, les USA auraient-ils bluffé depuis le début ?
:fleche: Le chiffre d'affaires de Huawei est en hausse de 23 % au premier semestre de 2019, malgré la répression américaine
Les États-Unis envisageraient de subventionner les concurrents européens de Huawei, l'administration Trump voudrait porter son soutien aux européens Ericsson et Nokia
Huawei affirme que des entreprises américaines ont manifesté leur intérêt pour l'octroi de licence pour sa technologie 5G, alors que la firme demeure sur a liste noire américaine, selon un rapport
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Avatar de Stan Adkens
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Le 18/01/2020 à 18:30
Trump et la Chine signent un nouvel accord commercial pour éviter les droits de douane imminents sur les technologies,
La propriété intellectuelle et le transfert de technologie sont pris en compte

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine dure depuis 2018 impactant durement plusieurs secteurs, notamment le secteur de la technologie. Par ailleurs, de nouveaux droits de douane élevés sur les produits électroniques et autres devraient entrer en vigueur. Mais un accord commercial partiel entre les deux superpuissances a été signé mercredi dernier à Washington. Cette rencontre est une nouvelle étape dans la relation commerciale entre Washington et Pékin après deux ans d'invectives, de sanctions douanières et mesures de rétorsion contre les entreprises des deux nations.

Selon les termes du nouvel accord, Pékin achètera pour 200 milliards de dollars supplémentaires de biens et services américains au cours des deux prochaines années. L'augmentation des achats sera comparée à 2017, avant le début de la guerre commerciale. Selon CNN Business, la Chine a importé plus de 185 milliards de dollars de biens et services américains au total cette année-là. Selon le même rapport, sur les deux ans, les achats échelonnés de la Chine entraîneraient une forte augmentation des exportations américaines, dans l'ensemble. Les exportations totales vers la Chine passeraient à plus de 260 milliards de dollars en 2020, et à environ 310 milliards de dollars en 2021 si l'accord se maintenait.


« Nous pensons qu'il est très difficile pour la Chine d'importer 200 milliards de dollars de biens et de services supplémentaires des États-Unis au cours des deux prochaines années sans réduire les importations en provenance d'ailleurs », ont déclaré les analystes d'UBS, une société de services financiers.

L'accord prévoit également d'assouplir les droits de douane existants sur plusieurs catégories de biens importés et d'éviter d’en imposer de nouveaux. Selon l’accord, les tarifs sur environ 120 milliards de dollars de marchandises seront réduits de moitié, passant de leur niveau actuel de 15 % à 7,5 %. La liste des articles actuellement taxés à ce taux de 15 % comprend plusieurs produits technologiques, tels que les télévisions, les casques et les écouteurs, les haut-parleurs intelligents et les montres intelligentes.

Il faut noter que des produits électroniques de consommation, notamment les ordinateurs portables et les tablettes, les moniteurs et autres périphériques, les consoles de jeux vidéo et les téléphones intelligents, devaient être assujettis à un nouveau taux de 25 % en décembre dernier. Mais ces droits de douane sur les technologies ont été évités. À l’époque, l'industrie des jeux vidéo, entre autres, avait demandé à l'administration d'exempter ses produits des tarifs, en faisant valoir que les augmentations de prix qui en résulteraient « porteraient préjudice aux consommateurs, aux développeurs de jeux vidéo, aux détaillants et aux fabricants de consoles, mettraient en péril des milliers d'emplois de grande valeur et gratifiants aux États-Unis et étoufferaient l'innovation dans notre industrie et au-delà ».

Un rapport de Moody's Analytics, publié en septembre 2019, indique que la guerre commerciale avec la Chine, depuis ses débute en 2018, a coûté 300 000 emplois jusqu'en septembre, bien qu'il soit difficile de savoir exactement combien de pertes d'emplois peuvent être attribuées aux tensions commerciales. Selon une analyse des données gouvernementales effectuée par la coalition de libre-échange appelée Tariffs Hurt the Heartland, les entreprises américaines ont payé 46 milliards de dollars de plus en tarifs douaniers qu'elles ne l'auraient fait sans les tarifs de Trump.

Bien qu’en vertu du nouvel accord, il n’y aura pas de nouveaux droits de douane sur les technologies, la plupart des droits de douane précédemment imposés resteront en place. Cela comprend les droits supplémentaires de 25 % ajoutés en 2018 sur les importations de semi-conducteurs, de modems et de certains autres composants technologiques.

La propriété intellectuelle et le transfert de technologie pris en compte par le nouvel accord

Pékin et Washington ont également tenu compte, dans une section de leur nouvel accord, de la propriété intellectuelle et du transfert forcé de technologie. En effet, la Chine exige souvent des entreprises étrangères opérant en dans le pays de mener leurs activités par le biais de coentreprises. Ces entreprises à leur tour transfèrent des technologies internes sensibles – des secrets commerciaux, essentiellement à des entreprises chinoises locales. Les entreprises américaines et d'autres entreprises internationales acceptent de telles conditions pour pouvoir pénétrer le marché lucratif chinois.

Avec le nouvel accord commercial, ces pratiques seront restreintes fortement. L’accord précise que toute condition de transfert ou de licence entre les entreprises américaines et chinoises « doit être basée sur des conditions de marché qui sont volontaires et reflètent un accord mutuel ». Aucune des parties à l'accord, c'est-à-dire les États-Unis et la Chine, « n'exigera ou ne fera pression, officiellement ou officieusement, sur les personnes [y compris les sociétés] de l'autre partie pour qu'elles transfèrent des technologies à ses personnes comme condition » pour recevoir la permission d'opérer sur le marché de l'autre partie, dit l'accord.

Le vol de propriété intellectuelle a également été traité par l’accord. Le vol de technologie par certaines firmes chinoises constitue une énorme préoccupation pour les entreprises américaines qui fabriquent, pour certaines d’entre elles, d’importants composants en Chine où le vol de propriété intellectuelle serait devenu une pratique généralement acceptable. Selon un rapport de The Information publié en février 2019, le fabricant chinois Huawei aurait un programme officiel qui récompenserait les employés qui volent la technologie des concurrents.

En novembre 2018, le Département du Commerce des États-Unis d’Amérique a placé sur sa liste noire Fujian Jinhua, une société chinoise qui fabrique des semi-conducteurs. Et pour cause, le Département de la Justice des États-Unis accusait l’entreprise publique chinoise et son partenaire taïwanais, d’avoir volé des secrets commerciaux auprès de Micron Technology Inc., un fabricant américain de micropuces pour les smartphones, les tablettes et aussi pour les ordinateurs.

Dans le cadre du nouvel accord, la Chine accepte de prendre des mesures pour limiter « l'appropriation illicite de secrets commerciaux », notamment lorsqu'elle se produit par le biais d'intrusions électroniques, de violations de systèmes et de pure et simple « divulgation non autorisée ». L'accord n'exige pas des États-Unis qu'ils renforcent leur loi sur les secrets commerciaux, mais affirme plutôt que les États-Unis « affirment que les mesures américaines existantes offrent un traitement équivalent » aux termes du nouvel accord.

Mercredi, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a déclaré qu'une deuxième phase de l'accord que les États-Unis espèrent conclure, avant les élections de novembre 2020, pourrait inclure davantage d'allégements tarifaires, a rapporté CNBC. « Tout comme dans cet accord, il y a eu certaines réductions, dans la deuxième phase il y aura des réductions supplémentaires », a-t-il dit, ajoutant que la Chine a « une grande motivation pour revenir à la table et accepter les questions supplémentaires qui sont encore non résolues ».

Par cet accord, l'administration Trump vise à résoudre certaines préoccupations de longue date des États-Unis au sujet des abus commerciaux de la Chine. Reste à voir comment les exigences de ce nouvel accord seront mises en application de part et d’autre.

Source : L’Accord

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Que pensez-vous de ce nouvel accord ?
Pensez-vous que les parties mettront en application de façon transparente les exigences de cet accord ?
Cette première phase de l’accord sonne-t-elle le début du dénouement de la guerre commerciale entre Pékin et Washington ?

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Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 01/07/2019 à 11:46
G20 : l'administration Trump autorise les ventes américaines à Huawei,
tandis que la Chine et les États-Unis reprennent les négociations commerciales

Samedi 29 juin, en marge du G20, à Osaka (Japon) Donald Trump et Xi Jinping ont convenu de relancer les négociations commerciales.

« D’énormes changements se sont produits dans la situation internationale et les relations entre la Chine et les États-Unis, mais un fait de base demeure inchangé : la Chine et les États-unis bénéficient toutes les deux de la coopération et perdent toutes les deux dans des affrontements. La coopération et le dialogue sont mieux que les frictions et les affrontements », a souligné le Président chinois.

S’adressant à Donald Trump devant les journalistes, il a ajouté « récemment, monsieur le Président, vous et moi avons eu une communication fermée via des appels téléphoniques et échanges de lettres. Aujourd’hui, je suis préparé à échanger des points de vue avec vous sur l’issue fondamentale que représente la croissance de la relation entre la Chine et les États-unis afin de déterminer la direction que prendra notre relation dans la période à venir pour une relation basée sur coordination, la coopération et la stabilité »

De son côté, le Président américain a déclaré « j’ai hâte de travailler avec vous car, comme vous le savez, nous avons eu une excellente rencontre ». Il a continué en disant « Je pense que nous sommes très proches, mais quelque chose s’est produit qui nous a un peu éloigné mais cela serait historique si nous pouvions avoir un accord Fair Trade. Nous sommes totalement ouvert à cette finalité, je sais que vous l’êtes également et tous vos représentants ont travaillé très dur avec nos représentants et je puis avancer que cette rencontre sera très productive ».


En échange d'une flexibilité sur Huawei, Trump a déclaré que la Chine avait accepté de gros achats de produits agricoles américains « presque immédiatement ». Mais il n'a révélé aucune précision et les responsables chinois n'ont pas confirmé l'offre. « Nous avons discuté de beaucoup de choses et nous sommes de retour sur la bonne voie », a déclaré Trump. « Nous allons voir ce qui se passe »

Selon l'agence officielle chinoise Xinhua, les négociations, qui avaient été brutalement interrompues en mai, vont reprendre et Washington a levé sa menace d'imposer de nouvelles taxes à l'importation, qui auraient frappé la totalité des plus de 500 milliards de dollars de biens chinois achetés chaque année par les Etats-Unis.

Mais les taxes déjà en vigueur, qui concernent près de la moitié des exportations chinoises vers les Etats-Unis, près de 250 milliards de dollars, ne sont pas levées pour autant. Et sur le fond, les différends concernant notamment la propriété intellectuelle ou les nouvelles technologies stratégiques n'ont pas été réglés.

En mai, Trump a signé un décret autorisant le gouvernement américain à bloquer les ventes des entreprises américaines à des entreprises étrangères considérées comme un risque pour la sécurité. On ne sait pas tout de suite quelles sont les mesures - ou le cas échéant - qui ont été prises pour lever la restriction sur les ventes à la société de technologie chinoise assiégée. Selon le Washington Post, Trump a déclaré à la presse qu'il rencontrerait des responsables américains dans le but d'alléger la pression sur Huawei, mais qu'ils n'avaient pas encore pris la décision formelle de les lever, tandis que le Wall Street Journal rapporte qu'il a indiqué que les deux pays ne vont pas évoquer les conditions entourant la levée de restrictions sur Huawei jusqu'à la fin des négociations.

Les fonctionnaires de la Maison Blanche ont clarifié les propos du président dimanche. Larry Kudlow, président du Conseil économique national, a déclaré dimanche à Fox News que le département du Commerce « accordera quelques licences supplémentaires là où il y a une disponibilité générale » des pièces nécessaires, et que « les préoccupations en matière de sécurité nationale resteront primordiales ».

Huawei est pris dans la plus grande guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Bien que les deux pays se soient mutuellement taxés, les responsables américains de la sécurité ont mis en garde sur la possibilité que la compagnie de télécommunications maintienne des liens avec le gouvernement chinois et que cela puisse représenter une menace pour la sécurité des États-Unis. L’ordre exécutif de Trump a provoqué des maux de tête immédiats pour Huawei: Google a retiré la licence Android de la société, les fabricants de puces ont cessé de fournir des pièces, Microsoft a cessé de vendre des ordinateurs portables Huawei et la société n’est pas autorisée à utiliser des cartes microSD dans ses appareils.


Huawei n'a pas tardé à réagir. l'équipementier chinois a encouragé les développeurs à rejoindre AppGallery, sa plateforme officielle de distribution d‘applications Android. Mais le chinois a également montré qu'il pouvait aller plus loin et a envisagé de lancer son propre système d'exploitation, qui est en développement depuis 2012 et pourrait s'appeler "Hongmeng” pour le marché chinois et “Oak” à l’extérieur de la Chine (c’est en tout cas un nom qu’a déposé Huawei auprès de Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) le 24 mai 2018). Des informations à ce sujets ont fusé et laissaient entendre que cette option est envisagée comme ultime recours si Android est définitivement supprimé en tant qu'option pour ses clients possédant un smartphone.

Le président Donald Trump a-t-il renoncé à imposer ses nouvelles taxes sous la pression des milieux d'affaires américains, qui y sont opposés car elles affaiblissent également l'économie américaine ? S'agit-il d'un véritable geste envers les Chinois ou d'une volte-face stratégique ? Quoi qu’il en soit, aucun calendrier pour la reprise des discussions n'a été communiqué. En effet, Trump n'a pas annoncé la date à laquelle son négociateur en chef, le représentant américain au Commerce, Robert E. Lighthizer, va rencontrer le vice-Premier ministre chinois Liu He, qui dirige l’équipe de négociation de Beijing. Le président n'a également fixé aucune nouvelle date butoir pour parvenir à un accord.

Les deux hommes répètent ainsi le scénario du dernier G20, en Argentine fin 2018. Ils avaient alors suspendu les hostilités pour quelques mois, afin de reprendre les négociations commerciales approfondies... lesquelles avaient cependant tourné court.

D'ailleurs, pour Ely Ratner, assistant de sécurité nationale du vice-président Joe Biden « Il s'agit d'une trêve temporaire ». Selon lui, « Ils ne sont pas en voie de résoudre les problèmes fondamentaux au centre du conflit ».

Les deux parties sont divisées sur la question de savoir si et comment rapidement supprimer les barrières commerciales qu’elles ont érigées au cours de l’année écoulée, ainsi que les dispositions visant à faire appliquer un accord et les détails de l’augmentation des commandes chinoises de produits agricoles, énergétiques et industriels américains. « Les deux parties ne font que gagner du temps », a déclaré Scott Kennedy, conseiller pour la Chine au Center for Strategic and International Studies. « Je ne vois pas cela comme une sorte d'avancée ».

Source : Washington Post, WSJ, Reuters

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